
Les 3500 m² du fac-similé seront réalisés en béton projeté et en résine. Illustration © Agence Fabre et Speller - Atelier 3A.
L’équipe d’architectes Fabre/Speller (Clermont-Ferrand) et l’Atelier 3A (Le Teil) associés au scénographe parisien Scène se sont lancés le formidable défi de restituer les émotions suscitées par la grotte originelle. De révéler l’invisible ! La fraîcheur, l’humidité, le silence, l’obscurité mais aussi les sensations olfactives contribueront à immerger le public dans la grotte reconstituée. Les 8 000 m² de la Grotte Chauvet-Pont d’Arc seront compactés sur 3 000 m².
Le relief des parois sera restitué au millimètre, et les peintures, gravures et représentations les plus remarquables ainsi que les éléments paléontologiques et géologiques essentiels seront traités à l’échelle 1 partir des originaux numérisés. Le fac similé de la Grotte Chauvet combinera plusieurs savoirs : des connaissances scientifiques, des données géométriques, une sensibilité artistique et des techniques scénographiques pointues et discrètes. Comme pour la vraie grotte, la totalité du parcours s’effectuera sur une passerelle et sera ponctuée de 10 stations d’arrêt et d’observation.
Le fac-similé sera réalisé en béton projeté. Ce matériau répond parfaitement à l’ambition du projet d’un site culturel et touristique majeur et notamment aux exigences qualitatives et artistiques de la restitution. Le béton projeté permet de traduire la nervosité et la densité des volumes. Il est idéal pour sculpter les grands volumes. Le mortier de finition peut être teinté dans la masse puis patiné. Pour imiter les sols en argiles (qu’ils soient granuleux ou lisses) et pour imiter le calcaire, c’est un médium très intéressant.
Pour tout les éléments de calcite et les concrétions, le choix s’est porté sur la résine de type époxy qui viendra en complément du béton. Cette technique est amplement éprouvée et utilisée sur de très nombreux fac-similés de grottes (Altamira, Marsoulas…). Particulièrement fluide et transparente, la résine époxy est est adaptée pour tous les usages courants : effets de stratification géologiques, coulées de calcite…. Chargée en poudre de verre ou en verre pilé (suivant la granulométrie voulue), la résine époxy peut donner un aspect pailleté, cristallisé ou translucide si caractéristique au milieu souterrain.
Les représentations pariétales seront réalisées par des peintres d’après les relevés numériques de la vraie grotte sur la base de fichiers informatiques. Elles seront reproduites à l’aide de photos projetées sur les parois usinées sur un banc de fraisage, teintées et renforcées en mat de verre. Les patines et les peintures se feront à l’aide de pigments et de liant naturels, sans odeur, ils s’infiltrent dans les parois comme les pigments utilisés par les hommes préhistoriques sur les parois calcaires et leur couleur ne s’altèrent pas avec le temps. Pour les tracés digitaux et les panneaux gravés, la dernière couche de matiérages est réalisée avec un mortier fin à base de plâtre complété d’un retardateur qui permet de maintenir la paroi humide le temps de faire les tracés. Une fois le tracé terminé, la paroi se fige.
Les cinq sens des visiteurs stimulés
L’entrée du « fac similé » sera théâtrale et mystérieuse pour mieux stimuler les cinq sens des visiteurs. Les cinq bâtiments épouseront les reliefs de la colline du Razal et seront posés comme l’empreinte d’une patte d’ours, clin d’œil à cet animal qui a fréquenté la grotte durant 20 000 ans.
Enfin, ce projet aura une haute valeur environnementale.

Toutes les peintures et gravures de la grotte originelle seront restituées dans le fac similé. Cabinet Pérazio
La conception restitution est coordonnée par le Syndicat mixte Espace de restitution de la Grotte Chauvet – Pont d’Arc.
Scénographie : Scène. Assistance à direction de l’Espace de restitution : Creatim, Decalog et Ingerop
Le centre de découverte sera le second élément culturel de l’Espace de Restitution de la Grotte Chauvet-Pont d’Arc. Très complémentaire du fac-similé, il apportera des réponses concrètes aux questionnements induits par l’immersion dans la cavité restituée.
L’exposition reposera sur trois piliers thématiques validés par le Comité scientifique international de l’ERGC ainsi que par les élus du SMERGC : nos ancêtres préhistoriques, l’Ardèche il y a 30,000 ans et l’art pariétal, art des origines.
Le bâtiment sera de 1385 m² dont 830 m² seront réservés à une exposition permanente. En extérieur, cinq stations d’interprétation abritées (60 m² chacune) seront réparties dans le parc paysagé et prolongeront la visite du Centre de découverte.
Le Syndicat mixte se veut novateur et souhaite faire de ce Centre de découverte un site unique en France, prenant le contre-pied de l’approche solennelle des musées.
A la fin du premier trimestre 2011, le SMERGC a initié un appel public à concurrence international pour la conception et la réalisation de l’aménagement scénographique de l’exposition permanente et des stations d’interprétation. A cette fin, l’équipe du SMERGC a rédigé un cahier des charges dont l’écriture a fortement bénéficié des appuis scientifiques et techniques des partenaires du projet ERGC (Conseil général d’Ardèche, Conseil régional Rhône-Alpes et Délégation régionale à l’action culturelle) ainsi que des membres de l’équipe de recherche titulaire des études sur la grotte Chauvet. Les principes muséologiques et orientations scientifiques ont été soumises lors du Comité scientifique du 29 novembre 2010 pour lequel des archéologues du monde entier ont été réunis.